LA VIE DU CLUB
LE BETISIER DU CLUB
Le Bêtisier du Club
E comme ... Enseignement
Activités
L'enseignement ou le pouvoir du savoir ... Enseigner : faire apprendre une science, un art, une discipline à quelqu’un, à un groupe, le lui expliquer en lui donnant des cours, des leçons (dictionnaire Larousse)
Les spécimens : nous avons eu au club l’enseignante qui te faisait d’abord faire un an de mise en selle sans étriers sous prétexte de fixer ton assiette, celui qui discutait avec les mamans au bord de la carrière, celui qui ne t’adressait pas la parole si tu venais en cours avec un poney ou un trotteur, celle qui te donnait en saut le cheval qui ne sautait pas ou le moins confortable en dressage pour avoir le grand plaisir de te dire à quel point tu es nul, celle (qui sortait d’ailleurs de la même école que la précédente, on se demande encore si cet instructeur ne les sélectionnait pas à l’entrée…) qui instaurait en cours un système de chouchou et de souffre-douleurs, … 
Ce qui est triste, c’est que certains anciens du club parlent de ces moniteurs (et bien oui, ils étaient diplômés !) avec nostalgie. 
Ce que je veux dire, c’est qu’il est facile de devenir moniteur d’équitation, même si le candidat est particulièrement mauvais : j’ai vu des collègues de formation partir sur le cross avec une martingale pour s’y cramponner, j’ai vu des élèves avec des notes éliminatoires en pédagogie et même en pratique équestre réussir leurs examens. 
 Qu’une école propose quatre mois de (re) formation (payante) à des candidats ayant raté leurs mises en situation pédagogique (cours) et une partie de leur pratique à cheval, c’est déjà ahurissant : cette école a donc eu l’aval de la Fédération Française d’Equitation ??? Mais en plus cette école permet à des élèves sortis de formation pour mauvais résultats non seulement d’y revenir mais également de valider leur examen ! On marche sur la tête ...
On se retrouvera donc avec des moniteurs mal formés et mal préparés à ce qui les attend en club, tout cela avec la bénédiction de la FFE, du Ministère de l’Agriculture et de celui Chargé des Sports, de la Jeunesse, de l’Education Populaire et de la Vie Associative (nos deux ministères de tutelle), de l’ARFA (organisme d’Etat incontournable pour l’élaboration du dossier des apprentis et qui ponctionne à l’employeur quelque 980 € par apprenti; leur slogan : « l’apprentissage : une formation, des compétences, un emploi ), de la Mutualité Sociale Agricole (qui elle ponctionne les charge sociales et patronales et valide les embauches des apprentis).
Vie du Club
Nous formons en France des encadrants sous – qualifiés. Un détail : en 1999, un élève – moniteur apprenti sur deux ans avait une formation de 1650 heures environ. En 2014 cette même formation est de 650 heures. 
Alors, parents d’enfants cavaliers pourquoi vous étonner si certaine monitrice reste assise le long de la carrière, à aboyer (ou pas) quelques consignes, en faisant remonter un poney récalcitrant par une gamine qui passait par là au lieu de le faire elle-même ? C’est devenu normal. Et quand l’employeur ose élever la voix, il se heurte aux Prud’hommes pour harcèlement moral. 
Elle est pas belle, la vie ? 
Formation
Autre point : l’enseignant est souvent synonyme d’omniscient dans la tête des pratiquants. Soit. 
Vous semble-t-il normal de sauter des obstacles sans sangle ? De subir une heure de mise en selle au point d’avoir les fesses en sang ? D’avoir au centre du manège un gamin à peine sorti de l’acné qui donne son cours à votre enfant ? Ou une vieille peau qui vous crie de sa chaise « t’as jamais pensé à commencer le tennis ? », une balade à shet où tous les poneys sont attachés les uns aux autres, et le premier attaché à la carriole entête de convoi ? 
Ouvrez votre esprit, questionnez, et exigez une réponse cohérente. 
Question posée à un formateur de moniteurs (BEES2 soit instructeur, soit le début de la crème de la crème. Enfin en théorie) du Haras de Seine – Port (Seine et Marne) : « mon élève n’a pas su m’expliquer dans quel but elle a enchaîné un parcours d’obstacles sans étriers et en position assise », sous-entendu l’élève n’a pas compris et s’est faite mal au dos. Réponse de l’instructeur, non pas à moi mais à l’élève : « si ta formatrice veut un cours de péda, qu’elle vienne me voir ». 
Je suis diplômée de cette école mais fort heureusement Olivier Weil, alors instructeur en charge de la formation des moniteurs, utilisait la pédagogie dans toute la noblesse de ce mot, il n’utilisait pas le Pouvoir du Savoir, celui qui fait se prendre n’importe quel goujat pour un dieu de la carrière. 
« Moi, je suis arrivé 4ème à Buzenval » (très gros centre de formation de moniteurs en région parisienne) m’a dit un jour un moniteur avec lequel je m’étais accroché. « 4ème ? Mais t’étais même pas sur le podium alors ! », lui ai-je répondu. 
On peut sortir en tête des meilleures écoles, on n’en n’est pas pour autant le meilleur des enseignants. Ce même moniteur m’avait dit un jour : « j’en ai ch… en formation, alors vous en ch… aussi ». Merci à toi, Franck, pour cette belle démonstration de pédagogie. La plus belle des récompenses est à mon sens la visite d’anciens élèves qui ne passaient pas à Brétigny par hasard mais qui ont fait le détour pour nous faire un coucou, pour me dire ce qu’ils sont devenus. C’est cela, la réussite de l’enseignant, au-delà de toute pratique de loisirs ou de compétition: transmettre une éthique, réussir à donner du plaisir aux gens, qu’ils n’oublient pas et, pourquoi pas ! passent ce plaisir à leurs enfants.
Nous sommes comme des feux d’artifice 
Vu qu’on est là pour pas longtemps 
Faisons en sorte tant qu’on existe 
De briller dans les yeux des gens

De leur offrir de la lumière 
Comme un météore en passant 
Car même si tout est éphémère 
On s’en souvient pendant longtemps 
 
CALOGERO « les feux d’artifice »